Première et dernière libertéPar Jacques Ferber

A la suite de l’article Est ce qu’on a le choix? La question du libre-arbitre, Sébastien, un internaute, m’a envoyé ses questions (Comme je l’ai déjà signalé, j’adore qu’on me pose des questions..) portant sur la liberté humaine et donc sur le libre-arbitre .

Les voilà:

1- En apparence, la liberté de l’homme est restreinte, limitée.
Mais malgré les raisons suivantes :

  • nécessités individuelles ( Je n’ai pas choisi ce corps avec cette forme physique, ce caractère, cette personnalité ), instincts…. (Mes émotions m’empêchent de faire ce que je veux malgré ma volonté.), conditions sociales, intérêts, (c’est la faute des autres) ; – décisions 1 inconscientes
  • c’est le destin (Chaque destinée individuelle dépend du grand destin.) ; c’est Dieu qui l’a voulu]

Tout semble avoir sa raison d’être : peu importe ce que tu expérimentes, ce que tu choisis, au final, c’est l’Univers qui le choisit.

Certains affirment que :

  • l’homme possède un Libre-arbitre ; il a le pouvoir de décision ; il choisit et est responsable de ses choix ; il peut contrôler les évènements sa vie. Il est ce qu’il pense, et il crée donc en pensant. A chaque instant il peut changer dans son présent, ici et maintenant
  • Tout ce qui nous arrive, n’importe quel évènement, circonstance, nous l’avons choisi (à un plus haut degré) Et on ne peut rien imposer à qui que ce soit, chacun décide pour soi même.
  • C’est quand on vit spontanément, sans choix que l’on est absolument libre

Alors que croire?

La liberté par rapport à ceci serait elle de dépasser ces conditionnements ? Faut-il se défaire de ses mauvaises habitudes, de ses schémas de croyances…..en en prenant conscience (Pour moi inconscience signifie : limitation, conditionnement…). Faut-il devenir totalement conscient de notre être, de nos pensées pour être libre ? Retrouver son libre arbitre serait de se libérer des entraves crées par l’intellect qui se cache derrière l’ego

2 – Qui choisit réellement donc?

  • Nous en tant qu’ego mais alors jusqu’à quel degré ?
  • Nous en tant qu’âme alors ce n’est pas réellement nous (nous n’en avons pas conscience). PARADOXE. Notre ego qui choisit et laisse notre part divine faire les choses ensuite alors que je n en ai même pas conscience me donne vraiment l’impression que ce n’est plus moi qui choisit. Ou alors, c’est nous sous notre part supérieure on va dire (âme, esprit) qui avons choisi de vivre cette expérience « humaine » sous cette personnalité avec ses caractères, ses désirs ect …. Nous jouons le jeu de l’inconscience (Quand tu n’es pas conscient, tu ne contrôles pas ta vie).
  • L’UNIVERS ce n’est donc pas nous non plus mais une force extérieure qui nous dirige. Si on récolte ce que l’on sème, nous sommes donc aussi dirigés par une force. Si nous avons une mission dictée par l’univers, nous ne sommes pas libres.

Je trouve ces questions des plus intéressantes, car elles permettent de comprendre le caractére “stratifié” de l’être et des différents niveaux de vérité, à l’intérieur desquels ces libertés agissent… J’avais commencé à en parler dans ce billet: Est ce qu’on a le choix. Je vais essayer de compléter un peu cette vision. Je vais essayer de compléter un peu cette vision. Il me semble que la plupart de la difficulté des réponses sur ce sujet proviennent tout simplement d’une confusion entre ces différents niveaux.

Pour simplifier, on peut dire qu’il y a quatre mondes ou quatre plans de réalités différents: le plan “standard” qui est celui du moi dans lequel nous vivons pratiquement tous, et que certains appellent « monde ordinaire », « monde incarné » ou 3D pour décrire cela, le plan “astral”, que l’on appelle aussi “archétypal” ou “symbolique” qui est celui de notre rencontre avec des forces inconscientes en nous et qui apparaissent aussi à l’extérieur de nous, le plan « causal » du vide et du Je Suis, et le niveau “absolu” ou tout est Un et où tout se résume à ce que les hindous appellent la « leela », le jeu divin de la Vie.. Chaque plan dispose de sa propre “logique” de sa propre manière de voir le monde, mais toutes sont vraies en même temps, ne sont que des reflets, des perspectives de cette même unité. Je ne parlerai ici que des deux premiers ici, laissant les niveaux causal et absolu pour un autre billet…

Le monde standard

Au niveau standard, le « moi » existe sous la forme d’une personnalité. C’est même l’essentiel de ce qui existe, car chacun peut dire « je suis untel, j’ai fais ceci dans ma vie, j’aimerais faire cela.. « . A ce niveau là, on a des qualités particulières, on a une vie, un passé, des choses qui nous blessent.. Il y a des personnes que l’on aime, d’autres que l’on déteste, d’autres enfin qui nous gênent. On ressent des envies, des désirs, des passions pour tel ou tel domaine. On aime faire du cheval ou du tennis, de la musique ou de la peinture, etc.. C’est le plan que l’on connaît tous et il est la racine de tous les autres. La science (malheureusement) n’en connaît pratiquement pas d’autres, sauf dans le domaine de la Physique Quantique et de la Cosmologie, où les difficultés posées par les modèles mathématiques nous obligent de dépasser cette vision simpliste du monde ordinaire « newtonien » pourrait ont dire.

Le déterminismeDans ce monde standard, j’ai l’impression d’être conscient de ce qui m’arrive et je m’attribue toutes mes qualités (ou mes défauts).. On va dire « Je suis beau (ou laid) », « je suis intelligent (ou idiot) », « j’ai écrit cet article », « j’ai joué ce morceau de musique », etc… Tous nos comportements sont alors le résultat de nos intentions: « J’ai eu l’intention de prendre ma voiture pour aller au travail, alors je me suis assis au volant, j’ai mis le moteur en marche, etc.. », « j’ai eu l’intention ou l’envie d’écrire une lettre à cette femme, alors je me suis assis devant mon ordi (ou une feuille blanche) et j’ai commencé à lui écrire.. ».

Dans ce monde du moi, nous avons effectivement un libre-arbitre absolu qui dépend de cette idée que Kant appelait « sujet transcendental » et qui est simplement le fait que je suis l’auteur de mes actes, que je suis responsable de chaque chose que je fais.. Si, étant en voiture, je renverse un piéton qui traverse dans les clous, il en va de ma responsabilité.. Je ne peux pas dire « oh, je suis désolé, ce sont mes neurones qui se sont activés de telle ou telle manière et qui ont fait qu’ils ont mal évalués le temps que mettait cette personne à traverser », ni « oh, un démon de la vitesse s’est emparé de mon esprit et mon ange gardien n’a pas pu agir à temps », et encore moins « la Vie est un, quelqu’un meurt, d’autres naissent.. mais la Vie n’est pas affectée », même si ces autres réalités sont vraies elles-aussi. (et nous y reviendrons). Dans ce monde standard, je suis obligé de dire: « j’ai mal évalué le temps que mettait cette personne à traverser » et je suis ainsi responsable de cet accident (et non pas mes neurones, ou mon ange gardien ou quelque chose d’autres).

Donc, dans ce monde, le libre arbitre est pratiquement posé comme allant de soi. Quand vous ne disposez plus de ce libre-arbitre, quand votre comportement est trop déviant par rapport à la norme de ceux qui agissent à partir de leur libre-arbitre, on vous considère comme fou et vous perdez votre capacité d’agir socialement dans le monde.

Les neurosciences ont essayées de comprendre ce qui se passe en nous, en analysant tout en termes d’activations de neurones et de taux d’hormones, mais, tout en se rendant compte que cette vision du monde ordinaire n’est pas suffisante, elles ont du mal à répondre aux questions du sens : comment se fait-il que je crois ce que je crois, quelle est la réalité du monde par rapport à ce que mes sens peuvent en connaître, suis-je libre si tout est mécanique en moi, etc.

Le monde archétypal

En effet le monde ordinaire n’épuise pas la Réalité qui existe aussi sous d’autres perspectives, d’autres plans.. Par exemple, comment agir si je suis malade et que j’éprouve une certaine forme d’addiction, de dépression ou de sentiments de culpabilités intenses? Comment me transformer dans mon être, comment dépasser mes propres limites si je me rend compte que je reproduis toujours ce comportement et qu’il nuit à ma vie? Qui suis-je finalement?

Aigle de la conscienceLà, il faut dépasser ce monde “standard” pour aller dans un monde où les neurosciences cotoient les expériences spirituelles. C’est le monde « astral » ou « archétypal » des profondeurs de notre psyché, qui sont la demeure des dieux et des déesses et la base de toutes les mythologies. Jung et Mircea Elias ont été les premiers à essayer de décrire du point de vue psychique et symbolique les éléments fondamentaux qui sont à l’oeuvre dans notre psyché et que connaissent bien les chamanes, les sorciers, les occultistes…

Ce plan correspond à un vécu mais dans lequel la réalité n’est plus celle, extérieure, du monde 3D, mais celle, intérieure, de la psyché.. Si les dieux et les déesses n’existent peut être pas dans le monde 3D, ils existent au fond de notre être.. Du point de vue scientifique, je pense que ces êtres intérieurs correspondent à des patterns d’activation neuronaux, qui ont leur propre relative autonomie, et que l’on vit de l’intérieur comme s’il s’agissait de dieux.. L’erreur serait de vouloir les éliminer, les réduire à des fonctionnements en mode 3D et de dire que tout cela ne sont que des récits de grand mère. Ce sont en fait des puissances considérables, car le monde entier est gouverné par leurs lois.. Qui ne voit pas les puissants de ce monde dévorés par les démons de l’Orgueil et de l’Avarice? Qui ne voit pas toutes les formes de tentations que nous procure ce monde, sous le forme de distractions faciles, de drogues ou de pornographie, qui nous éloignent de notre être? En d’autres temps, on aurait dit que tous ces démons sont l’expression du Malin, des envoyés de Satan pour nous enchaîner à ses forces.

Dans ce monde, notre psychisme qui était réduit à un petit « je », devient donc un espace extrêmement vaste dans lequel on peut rencontrer des dieux, des déesses et des démons, dans lequel Dieu peut prendre des formes multiples..

Cet espace dépend de structures génériques partagés par chaque humains (les archétype), mais dont le contenu dépend de chaque culture. Par exemple la figure d’Anima, qui est la part féminine d’un homme, laquelle correspond au désir et à l’amour et au désir pour l’autre sexe, peut prendre le visage d’Aphrodite en Grèce, celui de Maryline Monroe dans les années soixante, voire celui de Marie-madeleine..

Sur ce plan astral, il n’y a plus de sujet transcendental, mais des figures dont on peut revêtir l’habit, des entités qui peuvent nous aider ou au contraire nous faire chuter. Dans ce monde, souffrir d’une addiction c’est être la proie d’un démon qui vient nous dévorer et prendre le contrôle de notre être chaque fois que nous sommes sous l’emprise d’une drogue.. Les mécanismes biochimiques et neurologiques sont alors vécus comme un affrontement contre un démon.. Et dans ce cas, la figure du Héros, qui est généreusement représentée dans tous les films d’action, peut nous aider dans cet affrontement.. Les molécules et les neurones sont en lutte mais nous le vivons comme un combat de dieux et de titans… Faire preuve de volonté, c’est alors développer intérieurement la figure du héros qui combat contre les démons qui l’engluent et l’empêchent d’avancer.. Et dans ce cas on peut être aidé par des forces intérieures (dieux, anges, maitres ascensionnés, guides spirituels) et par des éléments extérieurs: symboles, cérémonies religieuses et spirituelles, signes « divins » correspondant à des événements « étonnants » de notre vie, etc.. qui vont s’exprimer comme des portes entre le monde « standard » et le monde astral, en nous permettant de faire venir au conscient des aspects inconscients de notre psyché. Par exemple dans un rêve on peut voir le personnage d’un vieux sage qui vient nous donner une pierre de vie, et rencontrer dans la vie quelqu’un qui va nous aider à développer notre projet professionnel. L’événement psychique intérieur (sous la forme d’un rêve) vient en correspondance avec l’élément extérieur.. Les rêves sont les premières manifestations de ce monde astral, mais en utilisant certaines formes de méditation ou de pratiques chamaniques, on peut aller plus loin et visiter ce monde astral comme on voyage dans notre monde 3D.

En allant profondément dans ce monde, on peut voir tout ce qui constitue notre être: notre ego, notre ombre, les entités d’aides (anges, figures divines, ..), les démons qui nous enchaînent et se nourrissent de notre énergie. Mais surtout, on peut voir notre « âme », notre part divine, cet aspect intérieur de nous mêmes qui est vécu comme un « higher self », un moi supérieur, qui fait le lien entre notre « moi » et Dieu. Cette âme, qui représente notre part divine, peut alors nous parler et exprimer des sagesses ancestrales qu’il s’agit d’écouter car elles nous guident très précisément sur le chemin de la vie. Gandalf dans Le Seigneur de l’Anneau, Merlin dans le cycle arturien, Dumbledore chez Harry Potter, représentent cette figure du « higher self » dans des contes, qui cherche à conduire le héros (qui représente le moi) dans une certaine direction, avec amour et compassion, mais sans le faire à la place du héros.. Si le héros suit bien ces recommendations, il pourra découvrir la Pierre Philosophale ou le Graal, devenir le Roi et s’unir à la belle (l’anima), c’est à dire atteindre le coeur de son être. De ce fait, le héros, c’est vous, c’est moi, c’est chacun d’entre nous (ces figures sont surtout vrai pour les hommes, les femmes ont des structure psychiques légèrement différentes).

Dans ce cas, pour en revenir à votre question: le « moi » (le héros) a bien le choix d’agir, mais finalement son choix est très réduit car il a le choix entre:

  1. Suivre les conseil de l’âme (c’est à dire du maître intérieur, ou de Dieu qui parle en nous) et parvenir après bien des épreuves à la satisfaction finale, généralement représentée pour les jeunes hommes sous la forme de l’Union Sacrée entre le héros et une femme qui représente la figure de l’Anima. Dans tous les cas, il devra passer par une transformation qui consiste à passer du « je fais ce que je veux quand je veux » au « je fais ce que mon âme me dit de faire », et passer par un certain nombre d’épreuves dont certaines sont vécues comme une mort et une renaissance, d’autres comme un combat.
  2. N’en faire qu’à sa tête, mais cela signifie en fait être la proie des démons, c’est à dire des conditionnements culturels et des addictions.. Dans ce cas, le libre-arbitre est juste une illusion… Cela peut être de vouloir être celui qui gagne le plus d’argent, qui a la plus grosse voiture, qui a des relations sexuelles avec
    le plus de femmes,… Cela peut être de prendre des drogues, de jouer à des jeux videos ou de regarder la télé pendant des heures… Du point de vue psychique cela signifie être sous l’influence du démon, alors qu’on se croit libre.. On est simplement soumis à la pression culturelle et biologique qui se résume pour les hommes généralement aux trois tentations de base, le pouvoir, l’argent et les femmes, et pour les femmes à vouloir épouser le prince charmant et lui faire les plus beaux enfants du monde.

Donc, finalement, on se rend compte que l’espace du libre-arbitre est très réduit:

  • soit on suit ce que notre âme demande, c’est à dire en suivant la voie (et la voix) de Dieu, pour prendre le langage des mystique, c’est à dire finalement de remettre son libre-arbitre à son « higher self » ou à Dieu..
  • soit on décide de ne pas suivre cette voie, et on est dépendant, tout en étant inconscient, de nos mécanismes conditionnés…

Le choix est essentiel, mais c’est simplement prendre la pilule rouge ou bleue dans Matrix.. La pilule rouge c’est voir la réalité, et accomplir son destin qui nous est donnée sous la forme de notre mentor intérieur (notre guide, higher self, âme, voix de Dieu en nous, etc..) ce qui suppose épreuves, dépassement et mort du « moi » illusoire, soit la pilule bleue pour rester dans un monde de rêve et d’illusion dans lequel 99,99% de l’humanité se trouve.. C’est juste cela le libre-arbitre: suivre son destin profond (sa mission disent certains) ou vivre dans l’illusion du libre-arbitre.. Il ne s’agit pas d’un choix, car dès qu’on nous propose la pilule rouge, on est déjà pratiquement obligé de prendre la pilule rouge (sinon la vie devient vraiment très, très difficile étonnamment). On ne peut pratiquement pas faire autre chose que suivre le chemin de l’éveil… C’est ce qu’expliquait Krishnamurti quand il parlait de la première et dernière liberté: s’il y a libre-arbitre, c’est juste pour décider d’ouvrir les yeux ou non.. Tant qu’on ne sait pas qu’on dort, ce n’est pas grave, mais sinon, c’est vouloir se rendormir…

LibérationLe paradoxe aussi, c’est que lorsqu’on suit son « higher self », lorsqu’on suit la voie de Dieu, lorsqu’on est connecté profondément à notre âme, on fait l’expérience d’une liberté incroyable, prodigieuse, bien au delà de toute les sensations de liberté courantes, et on vit l’Amour inconditionnel, l’Amour total et puissant qui ne nous fait à aucun moment regretter notre vie antérieure, déconnectée et endormie…

Bon, il y a aurait encore beaucoup de choses à dire, mais je voudrais finir par une histoire que m’a raconté P. Trigano (aller sur son site ecoledureve.com) qui est un kabbaliste, interprète de rêve, et co-auteur avec A. Vincent de plusieurs livres (dont Le Notre Père: Manifeste révolutionnaire de Jésus l’Hébreu..).

C’est l’histoire d’un maître kabbaliste qui voit un jeune garçon qui pleure à chaudes larmes.. Il lui demande pourquoi il pleure.. L’enfant dit: « On jouait à cache-cache, alors je me suis caché pour que les autres me retrouvent. Mais ils m’ont oublié, ils m’ont abandonné ».. Et le kabbaliste, de s’asseoir à côté de l’enfant et de pleurer avec lui.. « C’est exactement ce qui est arrivé à Dieu, les hommes l’ont oublié… »

En fait le libre-arbitre, l’illusion du « je », c’est juste l’oubli de qui nous sommes, l’oubli d’où nous venons, de ce qui nous constitue profondément…

Jacques

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1 Commentaire
  1. Bonjour Jacques, je vais tenter d'avoir une réponse synthétique à votre réponse, qui attend elle même une réponse.

    Les dieux, ou autres chimères mentales ne sont-elles pas au même titre que le reste le résultat d'un conditionnement ? En effet un chrétien ne ressent pas Shiva.
    Ce monde intime que vous décrivez n'est pas facilement "partageable", cependant ne reste t'il pas une construction intérieure de l'environnement, du social ? Le dépassement de soi n'est t'il pas nécessairement une adaptation à cette construction ?
    Effectivement, les mondes que nous construisons "intérieurement" émergent des interactions avec "l'extérieur". Comme vous le dites seul l'amour nous aide à transformer ces mondes, mais cette transformation n'a t'elle pas besoins de prendre forme à l'extérieur pour se réaliser ? Si c'est le cas il faut donc passer par le monde standard pour atteindre le monde archétipal.
    C'est donc toujours l'extérieur qui décide? notre seule liberté n'est-elle donc pas simplement de faire un choix de cet extérieur? Remplacer les médias de masse par un entourage choisi?

    On s'aperçoit bien vite ces choix sont également conditionnés. Il reste donc uniquement la possibilité d'effectuer volontairement une distorsion, elle même conditionnée.
    Impossible de s'en sortir alors? Pas vraiment, des modifications chimiques, endogènes ou enthéogènes (intoxications, prise de substances étrangères, méditation profonde…) engendrent une distorsion phénoménale (c'est le cas de le dire). Et à partir de cette distorsion, je laisse deviner (impossible), ou plutôt expérimenter ce qu'il peut se passer dans un système de la complexité du cerveau (voir chaos). Malheuresement, ces distorsion, aussi violentes soient-elles, ont toujours à faire face au conditionnement, c'est donc sans attendre que chacun de nous va interpréter ses expériences avec son propre conditionnement.
    Ainsi chaque prophète* délivre un message avec des mots et des méthodes différentes, aussi proches soient leurs expériences; ces messages sont ensuite interprétés, en fonction des expériences vécues, et peuvent devenir si limpides qu'un raccourci magnétique consiste à mélanger son expérience au "message". D'après moi, cette dernière "opération" nous enlèvent le peu liberté dont nous disposons, en sur-imposant une nouvelle croyance à la réalité, déjà si difficile à percevoir.

    Est-ce inquiétant ?
    Le processus autopoïétique de la vie n'est qu'une succession de changements structuraux infimes, être un homme et pouvoir correspondre à distance devrait lever toute inquiétude.

    Note : Le destin profond dont vous parlez existe t'il ? ou est-il la conséquence d'un mélange de messages ? Et si l'on remplaçait destin profond par destins provisoires ? Ce qui permettrait d'éliminer la question sans réponse du "sens de la vie" et de dire : la vie n'a aucun sens, fort heureusement.
    *peut s'appliquer aux religions comme à tout le reste, et à tout homme qui délivre un message.

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