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par Jacques Ferber

Si vous êtes dans un chemin de conscience, vous avez certainement dû rencontrer la phrase «aller à la rencontre de soi» ou de «son être véritable», «savoir qui l’on est vraiment», «découvrir sa nature essentielle», etc. Or quand on y regarde de plus près on se rencontre que toutes ses phrases qui semblent identiques renvoient en fait à des réalités fort diverses. Certains parlent de vacuité, d’autres encore parlent de la personne mature, d’autres encore parlent d’âmes ou de lumière intérieure. Qui croire? quel est ce «vrai nous» qui se trouve à l’intérieur de nous. Comment passer du «je suis nul» ou «l’autre est un salaud» à «je suis une âme divine qui a pris forme humaine» ou «je suis Lumière et Amour», voire à «Je ne suis personne» ou «je suis pure conscience». Est ce que tout ces «je» renvoient à la même personne, à la même partie de cet être que je désigne comme étant «moi»?

Or ce que nous prenons pour «je» est très instable, il évolue de moments en moments, il est impermanent comme disent les bouddhistes. On peut passer de la joie à la peur en quelques instants. Il suffit d’un mot ou d’un geste pour passer parfois du calme à la colère, de la personne sûre de soi à la fragilité du petit enfant, de la fatigue à l’excitation, du dénigrement à la participation mystique avec la nature.

Plus généralement, on peut constater que l’on fonctionne comme si nous étions dans des modes d’être, des manières de considérer les choses, de ressentir et d’agir. Chacun de ces modes agit comme s’il avait sa propre personnalité, son propre niveau de conscience, son propre rapport au monde, c’est-à-dire de manière de “voir” ce qui se passe dans notre vie et d’agir à partir de cette vision. J’utilise parfois le terme “mode” plutôt que niveau de conscience, parce qu’il est plus neutre et pour ne pas qu’il y ait une rivalité de type « je suis dans un niveau plus haut que toi » qui n’a aucun intérêt. D’autre part, le terme mode, comme je l’utilise, fait référence aux modes de fonctionnement d’un ordinateur: mode normal, sans échec, super-utilisateur, etc. Chaque mode correspond à des possibilités différentes, à des fonctionnalités plus ou moins puissantes, et chaque mode a son intérêt, sa fonction.

Tous ces modes sont pour la plupart inconscient tant qu’on n’a pas fait un travail sur soi, tant qu’on n’a pas pris conscience que, finalement, nous sommes de drôles de machines nous-mêmes et que, même sans être des ordinateurs, nous avons des fonctionnements qui nous dépassent et qu’il s’agit de les comprendre pour les faire évoluer dans le sens que nous désirons. Le bonheur réside en effet dans la souplesse psychique avec laquelle nous allons passer plus ou moins harmonieusement d’un mode à un autre. En ayant une “carte” de ces modes nous pouvons mieux saisir ce qui nous arrive afin d’apercevoir les “défauts de fonctionnement”, les “bugs” issus non seulement des blessures de l’enfance, mais aussi, beaucoup plus simplement de notre manque de développement de conscience sur la nature de qui nous sommes vraiment.

Si lon essaye de synthétiser les grands enseignements spirituels ainsi que les différents courant de la psychologie développementale en utilisant l’approche Intégrale, on peut caractériser nos modes de fonctionnement psychique en quatre grands modes principaux. Chacun de ces modes correspond a une manière d’appréhender et de vivre dans le monde. Elle implique aussi une certaine notion d’identité, une façon particulière de dire ‘je’. En allant du mode le plus « frustre »(ou primitif) au plus subtil, nous avons successivement les modes suivants :

  1. le mode infantile (le mode du moi immature), (l’enfant)
  2. le mode mature (l’adulte)
  3. le mode de l’âme (le sage)
  4. le mode de l’Esprit ou du « je suis » (la vacuité, la grâce)

Même si tous les modes existent potentiellement à l’intérieur de chacun, un individu qui ne connait que le premier mode ne peut « voir » les autres, et les personnes qui vivent plus souvent à partir de ces modes plus subtils sont vus comme des fous, des illuminés ou comme des prophètes, par les premiers. Ils suivent donc une dynamique de développement, et bien qu’ils soient tous présents en chacun d’entre nous, ils s’éveillent progressivement à la conscience et les trois niveaux supérieurs s’ancrent s’approfondissent au fur et à mesure de notre cheminement.

Chaque mode est caractérisé par une certaine manière de considérer notre vie et notre rapport au monde. Lorsque nous entrons dans l’un de ces modes, c’est comme si la Vie nous apparaissait différente de l’autre mode, comme si le monde avait une autre substance, une autre logique globale.

Le mode immature ou infantile

Le mode infantile ou immature est celui qui fonctionne à 95% au sein de la population mondiale. C’est celui qui est aussi le plus souvent actif chez chacun d’entre nous, à moins d’être des sages ou des saints. Il est caractérisé par une faible intégration des différents aspects de notre personnalité et souvent dominé par l’enfant intérieur, ce petit enfant que nous avons été et qui contrôle encore une grande partie de nos réaction vis à vis du monde. Cela peut être agréable dans un moment de détente ou dans une fête, mais son manque de conscience le rend incapable de prendre en charge sainement tout ce qui vient limiter d’une manière ou d’une autre son désir de toute puissance.

Il n’y a pas que l’enfant intérieur qui régit ce mode là, mais aussi son miroir, le parent normatif cassant et contrôlant qui considère que seule sa manière d’agir est la bonne. On voit nettement le mode infantile fonctionner chez l’automobiliste moyen (que nous sommes pratiquement tous  ) qui peut passer du « pousse toi, je suis pressé, tu me gêne! » du jeune nerveux au « pfff, quelle inconséquence! » du papy. Le premier ne pense qu’à lui, alors que le second juge le premier en oubliant qu’il se comporte ou se comportait ainsi. Ces deux sous-modes, celui du « je fais ce que je veux » au comportement débridé et celui du sénior « ils font n’importe quoi, que fait la police! » contrôlant et cassant, ne sont en fait que deux faces ou deux aspects de ce mode immature.

Ce caractère infantile est aussi très déclenché lorsque nous rencontrons une blessure psychique en nous qui nous fait régresser à l’état de petit garçon ou de petite fille, lorsque nous avons le sentiment d’être abandonné, rejeté, humilié, pas reconnu, trahi,

Ce mode est caractéristique du fonctionnement des premiers niveaux de la Spirale Dynamique (Violet, Rouge, Bleu, Orange) et commence à diminuer en Vert par le travail psychique qui commence à se faire à ce niveau.

Le mode mature

Le mode « mature » est celui que nous devrions avoir en tant qu’individu adulte, qui prend conscience des autres et se sent responsable de ses actes et de leurs conséquences. En ce moment une part de plus en plus importante de la population « avancée » passe dans ce mode de manière plus ou moins permanente (environ 4% de la population mondiale). Il est caractérisé par une beaucoup plus grande intégration des aspects intérieurs, mais aussi et surtout par l’ouverture à l’autre, la capacité à relativiser, à voir plusieurs solutions à la fois, à avancer de manière souple dans la vie, tout en accueillant profondément ce qui est, ce qui est en train de se vivre ici et maintenant. Il constitue l’enjeu de toutes les psychothérapies et des différents courants de ce qu’on appelle «le développement personnel». Globalement, le passage du moi infantile au moi adulte consiste à arrêter de projeter la faute de ce qui nous arrive sur quelqu’un d’autre («c’est pas moi, c’est l’autre») en ramenant tout à nous mêmes (de manière non-narcissique bien entendu), et de passer de l’enfant qui se plaint, juge les autres ou soi-même (honte, culpabilité), à l’adulte qui constate et apprend de ce que les événements lui amène. Du point de vue de la Spirale, il correspond au passage du niveau Vert à Jaune, c’est-à-dire à l’entrée dans le 2ème cycle de la Spirale.

Le mode de l’âme

Le mode de l’âme est connu des artistes, des mystiques et des saints, car c’est la part créatrice et inspirée. Sur le plan symbolique, l’âme est une petite étincelle de Dieu qui a pris un corps pour vivre sur terre. Elle est la part divine qui s’est incarnée dans un corps et qui fait l’expérience de la Vie. Elle s’exprime intérieurement comme un centre de nous mêmes, un être plus sage, plus créatif, plus puissant que notre moi ordinaire. C’est l’inspiration qui nous fait écrire, composer, créer, nourrir, soigner, transmettre et bouger spontanément notre corps, une fois que nous avons ouvert la porte à sa présence. Il n’est pas possible de parler de ce mode sans s’ouvrir à la spiritualité et la présence de l’âme est toujours paradoxale: «C’est comme si quelqu’un de plus grand que moi s’exprimait en moi et au travers de moi sans que cela soit moi». C’est la part de nous mêmes qui est l’endroit où le Soi s’incarne en nous et nous parle doucement.

On peut voir l’âme comme ce qui transcende le temps et s’incarne dans un corps humain disposant d’un mental. Tout se passe comme si notre corps et notre petit moi était le véhicule de cette puissance divine intérieure qui cherche juste à s’accomplir sur Terre. L’âme n’est pas intéressée par le petit ‘moi’ mais par le monde, la vie, les autres.. Par le fait qu’elle est connectée à l’ensemble du vivant, elle ne peut plus vouloir son bien uniquement pour elle-même.. Elle est donc mue par l’amour, par l’Agape, l’Amour inconditionnel pour ce qui est et ce qui vit. Dans la perspective de la Spirale, bien que l’âme puisse s’exprimer à tous les niveaux lors d’un état «mystique» ou «créatif», elle commence à être vraiment reconnue comme une partie permanente de notre être à partir de Turquoise et s’incarne totalement au niveau Corail/Indigo (après Turquoise), lorsque le moi a cédé les commandes de l’être à l’âme.

Le mode de l’Esprit ou du «Je suis»

Le mode de l’Esprit ou du « Je suis » est celui de la conscience pure, où la nature essentielle de l’esprit apparait, dans sa pureté, au delà de toutes les pensées et de toutes les croyances. Dans ce mode là, le « moi » disparait, mais l’âme aussi. Le temps n’existe plus, le karma non plus. Il n’y a plus rien que la vacuité de l’Esprit qui emplit tout. La vie apparait comme si cela n’était qu’un grand et merveilleux jeu divin, la «leela», dont nous sommes les personnages sans nous en rendre compte, plongé dans notre ignorance de croire que nous sommes quelqu’un. Nous avons commencé à décrire ce mode dans l’article Arrêter les pensées et réaliser la nature de l’esprit.

On devient un bambou creux, une écorce vide et en même temps remplie de cette substance divine qui est partout et nulle part. L’identité individuelle disparait. Difficile même de dire «moi» ou «mon identité» depuis ce mode, car à quoi se référerait ce «moi» ou ce «mon»? Qui suis-je quand il ne reste que la vacuité indicible et extatique d’être rien? Le langage, qui ne cesse de faire des référence à un sujet pensant, qui éprouve des joies et des souffrances, ne correspond plus au vécu où il n’y a plus de sujet et où les émotions ne sont attachées à personne, mais simplement à des sensations physiques qui apparaissent et disparaissent. Et même la parole qui sort de ce corps n’est plus la « mienne»: elle apparait dans cette conscience infinie où il n’y a plus de «je». Tout est parfait. Mais ce mode, sauf pour les grands maître mystiques n’est souvent qu’éphémère et fait partie des expériences d’éveil sur notre chemin de Vie.

La figure 1 illustre ces différents modes. Dans les deux modes du moi infantile et du moi mature, c’est le moi qui est aux commandes, alors que dans le mode de l’âme (et encore plus celui de l’Esprit), ce sont d’autres aspects de nous-mêmes, invisibles depuis le moi, qui dirigent l’individu.

Les 4 modes principaux de l'être

Figure 1: Les 4 modes principaux de l’être

Des manières différentes de voir le monde

Prenons un exemple: votre compagnon/compagne vous a préparé un petit plat, et il ne vous convient pas du tout. Comment le vivez vous?

  1. Vous vous sentez frustré(e) voire en colère. Comment ne peut-elle(il) pas connaître vos goûts? Vous le lui faites savoir avec de l’irritation ou bien vous vous taisez en prenant sur vous et en vous disant que c’est juste ce que vous méritez? (enfant)
  2. Vous vous rendez compte qu’elle(il) ne vous connait pas encore, ce que vous trouvez tout à fait normal, et vous lui en faites part tranquillement. En même temps, vous essayez le plat en vous disant que peut être, aujourd’hui, vous pouvez ressentir autrement ce plat. Encore une belle occasion d’apprendre sur vous. (adulte)
  3. Vous regardez la situation avec bienveillance. Vous voyez en même temps votre frustration infantile, l’humour de la situation, et la merveille de vivre ces instants. Car ne pas aimer quelque chose, c’est déjà être vivant. Vous prenez votre compagnon/compagne dans les bras avec un sentiment d’Amour éperdu. Au delà des sentiments agréables ou désagréables que cela peut avoir, vous sentez que vous êtes connectés à la Vie en faisant l’expérience de l’incarnation. Il n’y a plus que l’Amour qui s’exprime en vous avec lui/elle (âme).
  4. Vous contemplez tout cela comme si vous étiez dans un film, comme s’il s’agissait d’un tableau animé. Vous ressentez la félicité issue de la merveille de cet instant magique créé par le Divin, dans cette danse de l’illusion (le gout) et de sa beauté. Vous « vous » regardez agir et entendez parler comme s’il s’agissait d’un autre que vous, dans l’extase et la perfection de l’Etre (Esprit).

Plus on s’élève dans les modes, plus on prend en compte des aspects de l’univers, plus on embrasse les situations, les personnes et l’ensemble des êtres dans une vision de plus en plus globale. Dans le mode infantile, on s’intéresse surtout à soi. Le passage au mode mature consiste en une prise en compte complète de l’autre et des autres (comme de la nature) dans chacun de nos actes. Des pratiques comme la Communication Non-Violente, les techniques de gestion des conflits et des émotions, les thérapies centrées sur les blessures du coeur, les accords Toltèques, Ho’oponopono (pardon)1, sont des outils pour nous aider à passer de l’ego infantile au moi mature.

Le passage au mode de l’âme, qui constitue comme une sorte d’un réveil intérieur, nécessite un lâcher prise de l’ego pour s’ouvrir à quelque chose de plus grand que lui. Ce lâcher-prise est souvent pris comme un renoncement par l’ego, par une petite mort à son mode de fonctionnement habituel. De ce fait, cette transformation intérieure qui nécessite du temps pour devenir vraiment opérante, s’effectue souvent initialement en ayant des expériences spirituelles profondes et puissantes, caractéristique des conversions religieuses. Avant vous étiez athée, maintenant vous sentez la présence divine en vous et surtout l’Amour divin. C’est bien plus que la foi: vous «savez», vous faites l’expérience du tout autre en vous. Votre vie en est changée à jamais. Vous pouvez commencer à dire «que ta volonté soit faite», vous vous sentez guidé vers l’accomplissement de votre destin.

Mais alors que pour beaucoup de religions, l’histoire s’arrête là, certaines ont pu aller plus loin encore et passer au quatrième mode, la réalisation de l’Esprit, généralement vécu comme une mort, une dissolution de toute la personnalité dans la Conscience pure dans l’Amour pur au delà de tout sentiment. Cela prend l’aspect d’un éveil c’est-à-dire d’une sortie de la matrice de l’illusion, de la Maya du monde et du moi. Elle est généralement le résultat d’années de méditations et de pratiques, cette libération s’effectuant progressivement, mais elle peut apparaitre brusquement, à la suite d’une expérience mystique.

Ces quatre modes, sont le fruit d’un développement de l’être qui s’ouvre naturellement à des réalités de plus en plus subtiles, mais aussi de plus en plus vraies. Chaque passage au mode d’après est une ouverture vers la Vérité. Mais même après avoir ouvert la porte au dernier mode, le travail sur le moi continue. Car l’ego est puissant et ramène toujours l’individu dans ce désir d’avoir, de prendre, dans l’attachement vis à vis de l’autre ou de ses démons. Le travail sur la maturité du moi ne cesse pas en s’ouvrant à d’autres modes. Il le rend simplement plus rapide et plus efficace pour celui qui veut bien le continuer. Car bien entendu, il y a des risques de se croire arrivé, c’est-à-dire de récupérer des modes supérieurs par le mode infantile, quand celui qui se prétend arrivée en nous était justement absent pour que l’éveil apparaisse.

Qui sommes nous finalement?

Cela signifie que si le vrai « moi » n’est pas l’enfant plaintif ou égotique que nous sommes si souvent (si, si, vous aussi ), le « vrai » être que nous sommes peut être aussi bien l’être mature, l’âme ou l’Esprit. Cela dépend des stages et des enseignants psycho-spirituels. Certains vous amènent à simplement passer à plus de maturité, mais la plupart tendent de faire toucher aux deux autres modes, l’âme ou l’Esprit, parfois en ignorant malheureusement qu’il puisse y avoir un autre: si le bouddhisme et les approches non-dualiste tendent à ignorer l’âme pour se consacrer à la Conscience pure de l’Eveil, beaucoup d’enseignant cherchent surtout à nous éveiller à la présence de notre âme et à la canalisation qui en découle. Dans ce cas, ils tirent un trait sur la nature essentielle de l’Esprit, ne connectant pas à la source profonde de notre être qui est pure vacuité.

Ces quatre modes constituent pour moi l’essence de la compréhension du fonctionnement des individus et donc le coeur de l’enseignement du Tantra Intégral. Un chemin vers l’âme en conscience, tout en travaillant sur ses pulsions et ses peurs infantiles. Aller vers l’Amour tout en se dégageant de nos croyances sur l’amour humain classique (le prince charmant), voir son ego enfler et dégonfler, en regardant ce processus avec humour et bienveillance, ressentir la Joie d’être, tout en évitant de se perdre dans les addictions. Et paradoxalement, sentir le bonheur de ne plus être, tout en agissant dans le monde à l’évolution de conscience de l’humanité…

  1. Certaines de ces techniques, bien qu’ayant comme finalité de faire passer de l’infantile au mature, peuvent utiliser la connexion à l’âme, et être une source de pratique pour aller plus loin encore.
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5 Commentaires
  1. Frederic

    Eclairant, unifiant et superbe !
    Merci,
    Frédéric

  2. Bonjour Jacques,

    Merci pour cet article intéressant.

    Je me demande le rapport des 4 modes avec AQAL et notamment les états de conscience (Gross, subtle, causal et non dual).
    La question sous-jacente est « ressentons ces 4 modes différemment suivant notre positionnement sur la spirale dynamique ? »

    Pourrais-tu m’éclairer à ce sujet s’il te plait ?

    Le meilleur et à bientôt,

    Kenny

  3. Salut Kenny,

    En effet, il y a un lien entre les modes de AQAL et ce que je propose. Les modes infantiles et mature correspondent à Gross, le mode de l’âme à celui de subtle, et le « je suis » au causal et non-dual. En fait même le mode de l’âme pourrait lui aussi être divisé en deux. Il y a le mode où l’âme est vécue comme distincte tout en étant en communication avec elle. On peut lui parler et cela donne l’impression de parler à quelqu’un et de recevoir des enseignements de cette « être », qu’on l’appelle « guide intérieur », « ange » voire pour certains « Dieu » (comme dans Dialogue avec Dieu de Neale Donald Walsch). C’est « quelqu’un » à l’intérieur de nous qui en sait beaucoup plus que nous et surtout qui est d’une sagesse incroyable. Pour les égyptiens, l’âme s’appelait BA et était vécue comme un disque au-dessus de la tête.
    Ensuite il est possible de fusionner avec cette âme, et l’on parle alors de grands sages et saints, ou de prophètes desquels sort la parole de Dieu directement, si ce mode commence à être relativement permanent pour ces personnes. Pour les artistes, c’est leur été d’inspiration où tout semble leur venir sans qu’ils aient à chercher. Ce sont les moments de créativité intense: de toutes façons, le « moi » (mature ou immature) est incapable de réellement créer. Il ne peut qu’organiser, réarranger, résoudre des problèmes, etc. Mais la création est nécessairement de l’ordre d’autre chose…
    Ensuite, le mode de l’esprit est vécu lorsqu’on se détache de ses pensées. Cela peut arriver dans des méditations profondes ou lors de moments particuliers relativement éphémères (ce qui est mon cas) et parfois – pour certains, les « maitres » – cela semble être plus permanent.
    A bientot
    Jacques

  4. francois jouan

    Jacques, très bel article, avec tous mes remerciements pour la pertinence de vos propos .. tout cela n’est pas facile à intégrer … ok pour l’esprit, l’âme et le corps … mais ce qu’on appelle « esprit », siège des pensées, l’intellect, le rationnel, .. comment l’appeler finalement pour ne pas embrouiller les personnes …

  5. jess

    Je vous remercie. Vous m’avez éclairé par vos mots si justes à propos du passage des commandes de l’ego à l’âme. J’ai confiance en cette « mort » désormais.

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